Identités remarquables

 

un cycle de films documentaires

"Mais que cherchent-elles nos âmes, à voyager ainsi sur des ponts 

de bateaux délabrés, liées sans le vouloir à d’inopérants pèlerinages, 

murmurant en langues étrangères des miettes de pensée ? "

Georges Séféris (Mythologie, 1934)


 


Identités remarquables #2

Quand on est privé de faire la différence entre ce qu’on voit et ce que l’on est, la seule issue est l’identification massive, c’est-à-dire la régression et la soumission” Marie-José Mondzain, philosophe


étrange étranger

Cycle de films documentaires

Une proposition de l'atelier documentaire de Peuple & Culture Marseille


Musique, on tourne ! Le crepuscule des idoles

 

De New York à Yaounde en passant par Londres, Peuple et culture Marseille poursuit ses déambulations cinématographico-musicales. Les films proposés interrogent les formes (choix de mises en scènes, recours aux archives, place de la captation directe ou rôle de l’entretien) et le statut d’icône.

Le protopunk Johnny Thunders – leader des New York Dolls puis des Heartbreakers – et le grand timonier de l’influent Gun Club, Jeffrey Lee Pierce, ont en effet connu tous les deux des fins tragiques, délaissés après avoir été adulés tant par des fans anthropophages que par leur entourage. Dans un tout autre contexte, avec la disparition brutale de Zanzibar, leur guitariste prodige, les Têtes Brûlées n’échappent pas non plus à ces sombres destins. La volonté à repousser les limites des dogmes musicaux (et par rebond des conventions sociales), comme à reformuler les traditions les plus ancrées transcende, au final, tous ces drames.

Le dépassement - l’oubli ? - de soi demeure en partie énigmatique, reste au moins une évidence que le cinéma dévoile : l’indéniable capacité des musiciens à raconter des histoires, à chroniquer les petites misères humaines ou les grandes affaires du monde, à « ambiancer » les foules – n’en déplaise à ceux qui considère encore les musiques dites « populaires », d’ici ou d’ailleurs, comme un art mineur.

Rock primitif, blues décharné ou bikutsi à la sauce électrique, il s’agit bien ici d’une même énergie à la manoeuvre ; une même intensité rageuse ou désespérée, joyeuse et déjantée qui secoue les corps, des neurones jusqu’aux hanches. C’est cet ensemble de forces, de tensions et parfois, de doutes qu’ont su capter les trois cinéastes, chacun avec son regard et ses gestes propres.

 

Aller en haut